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Les symptômes de la microsporidiose

Clinique

La principale symptomatologie engendrée par les microsporidies est intestinale. Les localisations extra-intestinales sont beaucoup moins fréquentes et atteignent essentiellement les patients immunodéprimés [1].

Microsporidiose digestive

La symptomatologie digestive associée aux microsporidioses est semblable à celles coccidioses intestinales, dont la cryptosporidiose. Enterocytozoon bieneusi est le plus souvent impliqué, le reste des cas étant essentiellement provoqué par E. intestinalis. Les diarrhées sont caractérisées par une émission de 2 à 10 selles aqueuses et non-sanglantes par jour. Ces diarrhées deviennent chroniques chez les patients immunodéprimés alors que la symptomatologie régressera spontanément chez les individus immunocompétents. Chez les patients atteints par le VIH, la fréquence des microsporidiose augmente au fur et à mesure que le taux de lymphocytes T CD4 chute, la plupart des cas étant diagnostiqués pour des patients présentant moins de 50 CD4/mm3. Enterocytozoon bieneusi et E. intestinalis sont capables d’infecter les voies biliaires, pouvant être responsables d’une cholangite sclérosante. En l’absence de prise en charge, les diarrhées aboutissent chez les patients immunodéprimés à une perte de poids et une déshydratation.

Les kératites à microsporidies

L’atteinte oculaire se manifestera soit par une kératite stromale profonde, soit par une kératite ponctuée superficielle, associées à une conjonctivite. L’uvée et la sclère pourront parfois être touchées. L’atteinte peut être uni ou bilatérale. Chez les patients immunodéprimés, E. hellem est l’espèce la plus fréquemment rencontrée, mais E. cuniculi et E. intestinalis ont également été à l’origine de kératites. Des cas chez des patients immunocompétents sont également rapportés, notamment en Inde et à Singapour avec l’espèce Vittaforma corneae. Pour les infections impliquant Encephalitozoon spp., la contamination serait principalement d’origine endogène suite à une dissémination. Pour V. corneae, la contamination ferait suite à un contact avec un substrat contaminé (eau, terre) ou un traumatisme oculaire. Par ailleurs, comme pour les autres kératites infectieuses, le port de lentilles de contact constitue un facteur de risque important.

Autres localisations de l’infection

Les atteintes génito-urinaires impliquent principalement le genre Encephalitozoon spp. Ces localisations font suite à la dissémination des microsporidies et peuvent être responsables de néphrites interstitielles, d’urétrites, de cystites ou encore de prostatites. Des cas de pneumopathies ou de sinusites microsporidiennes sont également décrits. Même si le genre Encephalitozoon spp. est principalement responsable de ces cas, E. bieneusi a également été impliqué. Les atteintes cérébrales sont également possibles, en particulier par le genre Encephalitozoon spp. et plus rarement par Trachipleistophora anthropopthera. Les lésions engendrées par les microsporidioses cérébrales pourront parfois avoir un aspect similaire celui d’une toxoplasmose cérébrale, qui constituera le principal diagnostic différentiel. Les microsporidies sont également capables d’infecter le système musculosquelettique. En effet, des cas de myosites, et même d’endocardites, ont été décrits à plusieurs reprises. Différentes espèces ont été impliquées : Pleistophora ronneafiei, Pleistophora sp., Trachipleistophora hominis, Tubulinosema spp., Endoreticulatus spp. E. cuniculi, Anncaliia vesicularum et A. algerae. De rares cas de lésions cutanées se manifestant par des nodules, des papules ou macules ont étés rapportés (Encephalitozoon sp., Tubulinosema acridophagus). Enfin, des infections disséminées atteignant la quasi-totalité des organes ont été décrits, principalement suite à une infection par le genre Encephalitozoon spp.

 

Référence

  1. Ramanan P, Pritt BS. Extraintestinal microsporidiosis. J Clin Microbiol. 2014 Nov;52(11):3839-44

 

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